Ghani Alani, né à Bagdad en 1937, est un poète, calligraphe et intellectuel de renommée internationale, héritier direct de la prestigieuse École de calligraphie de Bagdad. Maître incontesté de la calligraphie arabe contemporaine, il a consacré sa vie à la transmission, à la création et à la défense de cet art millénaire. Très jeune, Ghani Alani s’initie à la calligraphie et aux arts plastiques tout en poursuivant des études de droit à l’Université de Bagdad. En 1967, il obtient sa licence de droit ainsi que ses diplômes d’arts plastiques à l’Institut des Beaux-Arts de Bagdad.
C’est à cette époque qu’il devient le disciple du grand maître Hashem Muhammad al-Baghdadi, dernier représentant de la pure tradition de l’école de Bagdad. Celui-ci lui décerne l’ijazah, une autorisation rare et hautement symbolique qui l’introduit dans la lignée des maîtres calligraphes.
En 1975, Alani reçoit une seconde ijazah du calligraphe ottoman Hamid al-Amidi, scellant ainsi sa double filiation : irakienne et ottomane. Parallèlement, il poursuit ses études universitaires en France, où il soutient un doctorat d’État en droit à l’Université de Paris en 1975.
Installé en France à partir des années 1970, Ghani Alani partage son temps entre la pratique de la calligraphie, l’enseignement et la recherche. Il enseigne son art à la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence, à l’Institut national des langues et civilisations orienta à Paris, ainsi qu’à la Mairie de Paris et à l’École normale supérieure. Son enseignement, à la croisée de la technique et de la spiritualité, a formé plusieurs générations d’artistes, tout en contribuant à faire reconnaître la calligraphie arabe comme un art majeur dans le paysage culturel européen.
Artiste complet, Ghani Alani pratique la calligraphie comme une méditation poétique. Dans son œuvre, les lettres deviennent souffle, rythme et lumière. Chaque composition est un espace de dialogue entre le verbe et la matière, entre la tradition spirituelle de l’Islam et l’expression contemporaine du geste. Il utilise des supports naturels : papiers artisanaux, parchemins, toiles, bois, et intègre souvent ses propres poèmes dans ses compositions. Pour lui, la calligraphie n’est pas seulement un art visuel, mais une écriture de l’âme, où le mouvement de la main prolonge la pensée et la respiration.
Son art, à la fois rigoureux et spirituel, incarne la continuité d’une tradition millénaire, tout en affirmant la vitalité et la modernité de la culture arabe.
À travers ses poèmes, ses compositions calligraphiques et son enseignement, il a su établir un pont entre l’Orient et l’Occident, entre la mémoire du signe et la liberté du geste. Aujourd’hui, Ghani Alani demeure l’un des grands maîtres vivants de la calligraphie arabe, dépositaire d’un héritage qu’il ne cesse de renouveler par sa création et sa pensée.