Né à Marseille le 27 mars 1906, Jacques Marmey découvre dès l’enfance le Maghreb, où son père médecin est appelé en 1919 par Lyautey dans le cadre de la mission française au Maroc. Cette immersion précoce dans la culture nord-africaine marque durablement son parcours, largement mené entre le Maroc et la Tunisie.
Après des études d’architecture à Lyon puis à l’École des beaux-arts de Paris (atelier Emmanuel Pontremoli, 1928), il se forme aux côtés de Paul Herbé et Michaël Patout, futurs compagnons de route en Tunisie. Marmey affirme toutefois que son véritable apprentissage se fait sur le terrain : d’abord au Mont Athos en 1930 lors d’une mission archéologique conduite par Eugène Beaudouin, puis au Maroc, où il entame sa carrière à partir de 1933.
Sous l’égide d’Henri Terrasse, il mène d’importants chantiers de restauration dans la médina de Fès, parmi lesquels l’extension de la médersa Seffarine-Mohammed V, l’aménagement de l’université Qarawiyyīn et de la place Seffarine.
En 1943, il rejoint la Tunisie à l’invitation de Bernard Zehrfuss, alors à la tête du service de l’Architecture et de l’Urbanisme pour la Reconstruction. Nommé architecte en chef de la section Études et Travaux, il y déploie une activité intense, poursuivie après 1947 au sein de son propre atelier à Sidi Bou Saïd, dont il devient architecte-conseil en 1963.
Son œuvre tunisienne comprend des bâtiments civils (notamment le Contrôle civil de Bizerte, 1946–1950), de nombreux établissements scolaires (dont le lycée de Carthage, 1949–1955), des équipements hôteliers et des résidences privées. Soucieux d’intégrer ses constructions au paysage et à l’esthétique locale, il développe un vocabulaire architectural sobre, inspiré des formes vernaculaires.
Cette volonté d’équilibre entre modernité et mémoire se retrouve dans ses projets majeurs comme le temple protestant de Beyrouth (1956) ou le palais de Raqqada édifié pour le président Bourguiba près de Kairouan (1963–1970), où il conjugue rigueur rationaliste et dépouillement arabo-islamique.
Parallèlement à sa pratique, Marmey joue un rôle clé dans la formation de jeunes architectes : il fonde et dirige les sections d’architecture des Écoles des beaux-arts de Rabat (1934) et de Tunis (1944). Il fut également membre de la Commission des bâtiments scolaires de l’Union internationale des architectes (1951–1957).
Jacques Marmey s’éteint à Lyon le 17 juillet 1988.