Peintre iranien d’origine arménienne, Misha Shahbazian naît en 1904, à une époque où la peinture moderne commence à s’affirmer en Iran. Formé à l’école des beaux-arts de Téhéran auprès de maîtres venus d’Orient et d’Occident, il apprend très tôt à unir précision du dessin et liberté du regard. Sa rencontre avec la lumière et les paysages d’Ispahan marque profondément son œuvre.
Shahbazian appartient à cette génération de peintres qui ont su faire dialoguer tradition et modernité. Dans ses aquarelles, les paysages, les ruelles anciennes, les monuments et les jardins semblent flotter dans une clarté légère, presque transparente. Sa palette claire, ses gestes rapides et son sens du silence donnent à ses œuvres la douceur d’une mémoire. À travers chaque trait, c’est un fragment d’Iran qui se raconte, un pays vu avec tendresse, retenue et justesse.
S’il est surtout connu pour ses aquarelles délicates, Shahbazian pratique aussi la peinture à l’huile, y cherchant la même vibration de lumière. Plus qu’un simple observateur, il fut un témoin poétique du temps, celui qui savait faire durer un instant, une ombre ou une architecture avant qu’ils ne disparaissent.
Jusqu’à sa mort en 1976, Misha Shahbazian n’a cessé de peindre avec humilité et ferveur, laissant une œuvre silencieuse et lumineuse, empreinte d’amour pour sa terre et d’un sens rare de la beauté fragile du monde.