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Toufik BABA- 1889-1958

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Toufik Baba naît à Beyrouth à la fin du XIXᵉ siècle (on lui attribue classiquement les dates 1889-1958) ; il appartient à cette première génération d’artistes libanais formés à Beyrouth avant la Première Guerre mondiale. Issu d’un milieu musulman sunnite conservateur, il suit ses études d’art auprès de Habib Srour à l’« École impériale ottomane (Sultaniyyeh) » de Beyrouth, un établissement qui formait à l’époque des jeunes aux arts visuels dans un contexte encore ottoman. Après sa formation, Baba mène une double carrière : tout d’abord celle d’enseignant en peinture (il est actif dans l’enseignement artistique à Beyrouth dans les années 1940) ; et parallèlement, il exerce comme peintre d’enseignes, métier concret, visuel, très prisé dans la Beyrouth d’entre-guerres. En tant qu’artiste, il développe en marge de cette activité professionnelle une œuvre personnelle discrète mais profondément attachée à sa ville natale. Issu d’un milieu beyrouthin conservateur, Baba se consacra à l’enseignement dans les écoles d’art, notamment à l’école Rashidieh, et se distingua de ses contemporains plus mondains, tels que César Gemayel, Omar Onsi et Moustapha Farroukh, ce dernier étant un ami proche qui l’encouragea constamment à exposer ses œuvres. Par sa vie retirée et sa production mesurée, il incarne un rapport intime à la peinture, dénué de toute recherche de reconnaissance publique. Ses toiles, rares, témoignent d’une profonde affection pour le Beyrouth de son enfance, celui des quartiers côtiers de Basta et d’Ain el-Mraïsseh, aujourd’hui disparus sous l’urbanisation. Sa palette privilégie des tonalités douces, un rendu clair de la lumière méditerranéenne, une attention fine aux détails architecturaux et urbains, mais sans l’effervescence mondaine ou l’avant-garde que pouvaient incarner certains de ses pairs. Il privilégie la contemplation, l’attachement à son lieu, la mise en valeur d’une atmosphère plus que d’une rupture. Toufik Baba n’a pas cherché à devenir une figure médiatique ou à multiplier les expositions ; mais ses œuvres rares sont aujourd’hui précieuses pour la mémoire visuelle de Beyrouth. En particulier, ses toiles de la côte de l’Ain el Mraïsseh – aujourd’hui profondément transformée – offrent l’une des dernières représentations peintes de ce paysage. Cet attachement à un lieu disparu ou transformé fait de Baba non seulement un peintre mais un « voyant » de la mutation urbaine, un passeur de mémoire visuelle. En somme, Toufik Baba incarne un type d’artiste profondément enraciné dans son lieu et dans son époque, discret mais essentiel pour comprendre la peinture libanaise du littoral entre deux guerres. Sa fidélité à sa ville natale, son sens de la lumière et de l’espace urbain, et sa vision sensible d’un paysage en voie de disparition forment un legs artistique précieux.

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