Né en 1958 à Bagdad, Salam Jabbar entame sa trajectoire académique dans un tout autre domaine avant de se consacrer pleinement à l’art. Il obtient d’abord un baccalauréat en géosciences à l’Université de Bagdad, puis, mû par sa passion, il se tourne vers les arts plastiques. Il achève son Bachelor en dessin à l’Académie des Beaux‑Arts de Bagdad en 1992, poursuit avec une maîtrise, puis un doctorat en philosophie des beaux‑arts en 2003.
Parallèlement à sa production artistique, il œuvre dans l’enseignement : il a dirigé le département peinture de l’Académie des Beaux‑Arts de l’Université de Bagdad et occupé divers postes universitaires.
Aujourd’hui, il figure parmi les artistes irakiens majeurs de sa génération, combinant rigueur académique et création libre.
Le travail de Salam Jabbar explore plusieurs grandes lignes :
Mémoire et identité : Ses œuvres évoquent souvent la trajectoire historique, la transformation sociale et les tensions auxquelles l’Irak a été confronté. Par exemple, des titres comme “To the memory of Iraq” montrent sa volonté de capturer ce lien entre passé, présent et futur.
Symbolisme et mythologie : Il puise dans les récits anciens, les symboles culturels de la Mésopotamie, et les inscrit dans un vocabulaire visuel contemporain. Il articule ainsi une poétique visuelle nourrie d’histoire.
Métamorphose de la matière et de l’image : Utilisant des médiums variés (huile, acrylique, aquarelle), Salam Jabbar joue avec les formes, les effets de lumière et les textures pour donner vie à ses idées.
Le maintien d’un dialogue avec l’espace : intérieur‑extérieur : Certains de ses travaux, par leur dimension visuelle ou leur portée thématique, renvoient à des espaces suspendus entre privé et public, entre introspection et témoignage.
Salam Jabbar occupe une place importante à la fois dans le cadre universitaire et dans le champ artistique irakien contemporain. En tant que professeur et chercheur, il a formé des générations d’artistes, tout en poursuivant une œuvre personnelle exigeante.
Ses travaux dialoguent avec les enjeux du temps : mémoire, conflit, reconstruction, identité. Ils trouvent leur place dans des collections privées et publiques et continuent d’inspirer à la fois les amateurs d’art et les chercheurs.