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Ruth FRANCKEN- 1924-2006

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Ruth Francken est issue d'une famille de confession juive des environs de Prague avec qui elle vivra successivement à Vienne, à Paris, puis en Grande-Bretagne après l’entrée en guerre de la France en 1939. Là, elle rencontre le peintre de l’avant-garde roumaine Arthur Segal, dont elle suit les cours à Oxford pendant quelques mois avant d’émigrer à New-York en 1940. Francken y poursuit sa formation en peinture à l’Art Students League of New York et obtient en 1942 la nationalité américaine. L'année suivante, elle débute comme dessinatrice de textiles, métier qu'elle abandonnera en 1949 pour retourner en Europe et s’installer à Venise en 1950 pour se consacrer à la peinture. Elle commence à exposer en 1950 à la Galerie du Dragon, à Paris, ville où elle s’installe définitivement en 1952. Sa peinture est alors associée à l’Art Informel et à l’Expressionisme Abstrait, mais son insatisfaction face à ses propres peintures la conduit à abandonner le médium en 1964. Ruth Francken se tourne alors vers différentes techniques pour produire des œuvres qui déclinent obsessions pour la technologie, relation entre œuvres artistiques et produits manufacturés et son propre rapport conflictuel à l'art. Un travail pluriel que l’artiste explique : "En fait, évitant le pinceau, je ne peignis plus jusqu'en 1984. Comment fuir en peinture le déjà-vu ? Parallèlement au travail de collages, de dessins et d'objets - reliefs et sculptures - que j'avais initié, j'enseignais à Paris, puis à Santa Barbara, en Californie de 1973 à 1980. (…) C'est ainsi que j'en vins à exploiter la photographie comme moyen à la place du pinceau et de la peinture à l'huile. L'exploitation que je fis de ce procédé débuta vers 1970 avec les dessins/collages aux ciseaux et les dessins/collages aux pains." De 1966 à la fin de sa vie, Ruth Francken travaille essentiellement dans son atelier à Paris, qu’elle ne quitte que pour donner des cours de peinture en 1978 au Sarah Lawrence College de Paris ou en 1979-80 à l'Université de Californie de Santa Barbara. Exposant surtout à l'étranger, l’artiste ne cessera jamais d’approfondir une œuvre protéiforme, à la frontière entre la sculpture et la peinture et qui charrie dans sa course métal et objets industriels. Ruth Francken meurt à Paris en 2006 et repose au cimetière de Montmartre. Lors de son enterrement, son ami François Chevallier lui lit un texte en adresse directe évoquant : "La force, l'intensité, voire la violence sous-tendant tranquillement toutes tes formes, dans tes peintures convulsées, tes machines discrètement funèbres, tes objets trop lisses ou ces visages reconstruits comme des agrandissements de la fissure de l'être." Il y a en effet dans l’œuvre de Ruth Francken une évidente férocité et un goût pour les objets contondants comme une mise en forme monumentale de la cruauté. Quelque chose de la Machine de La Colonie pénitentiaire de Kafka, une machine à écrire qui punit par l’écriture dans la chair même du supplicié. Marginales, disparates et irréductibles aux divers courants artistiques d’après-guerre, les œuvres de Ruth Francken figurent dans les collections permanentes du Tate Modern de Londres ou du Centre Pompidou.

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