Né en 1956 à Lattaquié, en Syrie, Mustafa Ali est aujourd’hui reconnu comme l’un des sculpteurs contemporains les plus influents du monde arabe. Il étudie la sculpture à la Faculté des Beaux‑Arts de l’Université de Damas, dont il sort diplômé en 1979, avant de parfaire sa formation en Italie à l’Accademia di Belle Arti di Carrara, où il obtient un diplôme en 1996. À son retour en Syrie, il fonde la Mustafa Ali Art Foundation ainsi que l’association Al Makan Art Association, structures qu’il utilise pour promouvoir l’art et la culture et soutenir de nouvelles générations d’artistes. Il est également à l’origine de l’aménagement du quartier des artistes d’Al-Amin, dans le vieux Damas.
Le travail de Mustafa Ali est centré sur l’être humain, qu’il considère comme son sujet principal. Son œuvre, influencée à la fois par les modernistes occidentaux et par les civilisations locales, explore les émotions, les états psychologiques et la mémoire des civilisations passées. Ses sculptures, réalisées dans des matériaux variés tels que le bois, le bronze, la pierre ou l’acier, se caractérisent par une forte expressivité et peuvent aller de figures émotive et fantaisistes à des bustes historiques ou à des visages anciens stylisés. L’œuvre de Mustafa Ali cherche à mettre en tension l’éphémère et le permanent, l’individu et la civilisation, la tradition et la contemporanéité, tout en évoquant la vulnérabilité humaine face au temps et à l’histoire.
Parmi ses créations majeures figurent « The Gate of Syria », réalisée pour les Jeux méditerranéens en Italie, ainsi que « Tower of Memory » pour le parc des foires de Damas et « The Damascene Sword » à la place des Omeyyades, co-produite avec Ehsan Antabi. Ses œuvres sont également présentes dans de nombreuses collections publiques, en Syrie au Musée national de Damas, au Musée d’art contemporain et au ministère de la Culture, ainsi qu’à l’international, à l’Institut du Monde Arabe à Paris, au Musée de Sharjah aux Émirats et à la Jordan National Gallery. Mustafa Ali a reçu plusieurs distinctions, parmi lesquelles le Golden Prize du Biennal de Lattaquié en 1997, le Bronze Prize au Biennal de Sharjah en 1992 et un premier prix décerné par l’Institut du Monde Arabe en 2008.
Mustafa Ali puise son inspiration dans la Syrie et ses sites historiques, tels que Palmyre, qu’il considère comme des symboles de la permanence et de l’éternité. Son art reflète une tension entre la mémoire et la modernité, la fragilité humaine et la grandeur des civilisations. À travers ses sculptures, il interroge le temps, la mémoire et l’identité, tout en affirmant le rôle central de l’art dans la transmission culturelle et dans la création de liens entre les individus et les sociétés. Son œuvre monumentale et métaphorique contribue à inscrire la sculpture syrienne contemporaine sur la scène internationale, tout en restant profondément enracinée dans son patrimoine.