Les réalisations picturales de Zerrouki ne se décodent pas, elles n'obéissent pas à une grille conventionnelle qui demande un échauffement du regard, elles donnent à coconstruire un sens, à communier avec l' auteur pour ouvrir une porte.
Né dans une ville portuaire de l'ouest algérien à la méditérannéité discrète, mais à l'ancrage traditionnel sans faille, ville de Khadda et de Benanteur ses maitres, il ne pouvait être que d'une culture ouverte et éclectique o chacun avait le choix de donner à sa monture culturelle le sens de sa vie.
Sa double immersion dans les écoles d'architecture et des beaux-arts l'installait immanquablement au carrefour de toutes les expressions artistiques qu'est le théâtre dans une ville, Mostaganem, qui a fait du théâtre son emblème.
Ses compositions chromatiques ne sont pas des moments figés ou des relevés de situations mais des récits vivants inspirés par la verve de Kateb Yacine, Kaki Alloula avec lesquels il a longtemps collaboré.
Zerrouki participe de cette explosion artistique qui a accompagné les premiers instants de l'indépendance usant de la mélodie, du rythme et des reflets chromatiques pour allumer les pupilles des hommes encore ivres de la liberté retrouvée et éclairer un nouveau sentier pour les esprits.
Ses couleurs étincelantes restent toutefois très sobres et s'implantent dans la graphie flamboyante d'une écriture au grand génie.
Et c'est justement cette graphie qui semble dénoncer les blessures obliques qui cachent mal de véritables impostures. Les impostures du silence qui se veut sincère sans dire la vérité.
Mais l'artiste ne s'arrête pas au constat et invente à la graphie une nouvelle luminosité, brune aux reflets dorés. Elle est portée par un espoir à l'affût de toute bonne occasion, car le changement ne peut venir que de la fulgurance des talents.
Texte de Mohamed Abbou ancien ministre Algerien de la communication et de la culture