Wajih Nahlé est un artiste libanais majeur, né à Beyrouth le 1er février 1932 et décédé le 21 février 2017. Il est considéré comme un pionnier parmi la génération d’artistes post‑guerre au Liban, actif dans les domaines de la peinture, de la calligraphie arabe et de la sculpture. Il étudie la peinture dans l’atelier du peintre libanais Moustafa Farroukh.
Il expose pour la première fois dans les années 1950, et son entrée dans l’art s’amorce via des œuvres figuratives, paysages, natures mortes, avant de s’engager dans des formes plus abstraites et calligraphiques. Avec le temps, il revient vers des sources orientales et arabes : l’art islamique, la calligraphie, l’ornementation, la sculpture, tout en construisant un langage propre. Wajih Nahlé développe un style mêlant abstraction, calligraphie arabe et dimension décorative : les lettres, les arabesques deviennent à la fois motif plastique et charge symbolique.
Il accorde une attention forte au mouvement, à la ligne fluide, à la couleur bleue comme signe distinctif, en lien avec la spiritualité et l’inspiration soufie.
Nahlé est à la fois fondateur et membre d’organismes artistiques importants, notamment l’Union des artistes arabes, et membre de l’Association internationale des artistes de France. Il a participé à plus de soixante expositions individuelles et de nombreuses collectives, à Beyrouth, au Liban, dans le monde arabe, en Europe et aux États‑Unis. Parmi ses distinctions, on compte divers prix issus du Liban, d’Égypte, de Tunisie, du Koweït, de France ; ainsi que des décorations comme Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France.
Il laisse derrière lui une œuvre volumineuse (plus de dix mille œuvres évoquées) et un héritage d’artiste visionnaire qui a su créer un pont entre l’héritage artistique arabe/islamiques et l’art contemporain. Son nom est associé à une certaine modernité de la calligraphie arabe et à la reconnaissance de l’art libanais sur la scène internationale. Ses œuvres figurent dans des collections privées et publiques, dans des musées au Liban, au Moyen‑Orient et à l’étranger.
Wajih Nahlé est un artisan infatigable de la création, un explorateur des formes, des lettres et de la couleur. En partant d’une formation classique, il a évolué vers un langage très personnel, où la calligraphie devient geste libre, décor et symbolique. Son œuvre, vaste et diverse, témoigne de la richesse de l’art contemporain libanais et de sa capacité à dialoguer avec les traditions tout en les transcendant.