Artiste nigérian pionnier de l’école d’Oshogbo, Jimoh Buraimoh s’impose comme l’un des créateurs les plus originaux de la scène artistique postcoloniale en Afrique de l’Ouest. Né à Oshogbo, berceau d’un important renouveau artistique au Nigeria dans les années 1960, il participe dès la première génération d’artistes formés sous l’impulsion du couple Ulli Beier et Susanne Wenger.
Ses débuts s’ancrent dans un contexte d’expérimentation totale, où la peinture, la sculpture, la musique et le théâtre se nourrissent mutuellement. Influencé par les traditions yoruba, par les arts rituels et par la symbolique des masques, Buraimoh développe un langage personnel fondé sur la couleur, la répétition et l’ornement.
S’il commence par la peinture et le dessin, il s’oriente rapidement vers un médium inédit : la peinture de perles (bead painting), dont il devient l’un des maîtres incontestés. Il transpose la technique décorative traditionnelle, autrefois réservée aux objets royaux, dans le champ de la création contemporaine, conférant à ses œuvres une densité visuelle et spirituelle unique.
Buraimoh expose dès les années 1970 sur la scène internationale (Londres, Washington, Lagos, Dakar), et ses œuvres figurent aujourd’hui dans d’importantes collections, dont celles du Smithsonian National Museum of African Art (Washington), du National Gallery of Modern Art (Lagos) et du British Museum (Londres).
Son œuvre, à la croisée de l’art populaire et de la modernité africaine, affirme la vitalité d’une tradition réinventée, où le motif devient signe, et la couleur, rythme spirituel.