Sattar Luqman est né en 1944 à Bagdad, en Irak, et s’est imposé comme une figure majeure de l’art contemporain irakien. Il suit une formation artistique à l’Institut des Beaux-Arts de Bagdad, dont il sort diplômé en 1967. Dès ses débuts, il s’engage dans la vie artistique de son pays : en 1969, il est l’un des membres fondateurs du groupe « Al-Bidaya » (Le Début), un collectif d’artistes visant à renouveler la scène artistique irakienne. Tout au long de sa carrière, Luqman participe à de nombreuses expositions, tant en Irak qu’à l’étranger, notamment en Tunisie, France, Russie, Londres et Berlin, et ses œuvres figurent dans des musées et des collections publiques internationales. Il a également reçu plusieurs distinctions, dont des certificats d’appréciation de la Croix-Rouge et de l’Association « Women for the World’s Women ». Aujourd’hui, il vit et travaille à Bagdad en tant qu’artiste à plein temps.
L’œuvre de Sattar Luqman puise profondément dans l’histoire visuelle et culturelle de l’Irak. Il utilise un vocabulaire symbolique emprunté à la civilisation islamique, aux miniatures et aux motifs des textiles traditionnels, qu’il combine avec des formes abstraites ou expressives reflétant sa mémoire et son environnement. Ses compositions incluent souvent des figures humaines ou des objets stylisés, invitant à réfléchir sur l’identité, la mémoire et la transition. Le travail de Luqman révèle une tension entre tradition et modernité, entre le local et l’universel, et explore la manière d’être à la fois héritier d’une civilisation et acteur d’un art vivant.
En tant que membre actif de la communauté artistique irakienne, Luqman participe aux activités de l’Iraqi Artists Association et de la Iraqi Fine Arts Association. Ses œuvres continuent d’être présentées dans des expositions majeures en Irak et à l’international, contribuant à la visibilité et à la reconnaissance de l’art irakien contemporain sur la scène mondiale. À travers sa pratique, il incarne la figure d’un artiste profondément enraciné dans son pays et son histoire, tout en affirmant un langage visuel personnel qui dialogue avec la mémoire culturelle et l’expression contemporaine.